Nous avons vu que le « gouvernement » est cette petite équipe de citoyens ayant chacun un portefeuille, terme très éloquent qui indique déjà une bonne quantité de dossiers à gérer.
Ces dossiers sont gérés avec l’aide indispensable de la machine administrative et ses milliers de fonctionnaires. L’administration est censée fournir au gouvernement des informations fiables afin qu’il puisse prendre ce qu’il estime être la bonne décision sur tel ou tel sujet. Bien entendu, ces décisions sont sous-tendues par les valeurs idéologiques (interventionnistes ou libérales, de gauche ou de droite, etc…) qui sont au pouvoir à ce moment-là.
A l’époque contemporaine, les décisions que doit prendre une collectivité sont beaucoup plus complexes qu’elles ne l’étaient il y a 150 ans, sous la 3ème République naissante. Et encore plus qu’à l’époque féodale, où le seul budget à gérer était celui de la guerre. De nos jours, l’Etat intervient dans de nombreuses domaines, via les investissements et les services publics . Aux débuts de la République (fin du 19ème), les textes de loi étaient entièrement conçus par les députés, le gouvernement se limitant à organiser les débats et rédiger les décrets d’application. De nos jours, ce serait impossible. La répartition des tâches entre gouvernement et assemblée a beaucoup évolué en conséquence et le rôle du Parlement dans la rédaction des lois s’est amoindri. C’est le gouvernement, avec l’aide de l’administration, qui prépare l’essentiel des projets de loi et qui les présente ensuite au débat (pour amendement) et les soumet au vote.
Certes, les groupes parlementaires ont quand même la possibilité, dans un petit espace appelé « niche parlementaire », de faire des propositions de loi à débattre et à voter . Mais pour l’essentiel, en tout cas en France à l’heure actuelle, c’est le gouvernement qui dirige le parlement, c’est à dire que c’est le pouvoir exécutif qui domine le législatif, comme un cornac dirige son éléphant, en théorie bien plus puissant que lui.