De la 4ème à la 5ème

Le paysage politique de la 4ème (1946-1958) était morcelé. La droite et la gauche étaient très divisées. Gaullistes contre démocrates-chrétiens du côté droit, communistes contre socialistes côté gauche. Les radicaux du centre très affaiblis par rapport à ce qu’ils avaient été sous la 3ème République. La proportionnelle départementale permettait une représentation fidèle de l’opinion, avec ses avantages et ses inconvénients.

Dans ces conditions, la plupart des coalitions qui se succédèrent tout au long de ces douze années ne regroupèrent que la droite non gaulliste avec la gauche non socialiste. C’est déjà beaucoup, certes. Mais pris en tenaille par les gaullistes et les communistes, qui ne voulaient pas participer à des coalitions, l’instabilité gouvernementale était la règle, suite aux changements de ministères que se répartissaient les partis de coalition.

Mais instabilité ne voulait pas dire ingouvernabilité. La France était bien gouvernée, la politique générale ne changeait pas vraiment au gré des remaniements ministériels. Un peu comme un autobus dont le conducteur change fréquemment, mais qui suit à peu près la même route avec plus ou moins l’accord d’une majorité des voyageurs. Pour la France, cette route fut celle de la reconstruction de l’après guerre, du début des « trente glorieuses » (côté « rêve ») et de la guerre d’Algérie (côté « cauchemar »).

En effet, sur la politique algérienne, aucun consensus n’était possible, les politiques étaient écartelés entre trois tendances: le statu-quo colonial, l’accession progressive de tous les algériens à la pleine citoyenneté française, et la solution définitive de l’indépendance.

Le 13 mai 1958 un putsch militaire voit le jour à Alger, en soutien aux manifestants pour le maintien de l’Algérie Française. Les parachutistes prennent le pouvoir en Corse.

La classe politique est tétanisée. Charles de Gaulle, sans fonction politique depuis 12 ans mais toujours extrêmement présent dans le débat public, se fait fort de calmer les militaires, en échange d’avoir les mains libres pour conduire des réformes institutionnelles d’importance. Et les politiques acceptèrent le marché.

Ces réformes furent importantes, comme nous l’avons déjà vu précédemment. Elles donnaient enfin au gouvernement (Matignon) la force qui lui manquait sous la 4ème face au Parlement, et bien au-delà. Mais elles n’apportaient pas le présidentialisme.

RGPD
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