Revoilà la proportionnelle ! (Épisode 4)
Un an après la proposition de la présidente de l’assemblée nationale, le changement du mode de scrutin semble connaître un début de gestation mouvementé, suite à la ronde de négociations entre le gouvernement et les formations politiques représentées à l’assemblée.
Vous pouvez consulter ici notre chapitre (pédagogique) sur les modes de scrutin, pour mieux en appréhender les enjeux :
Voyons dans le détail les espoirs et craintes des partis :
Les formations politiques qui y sont favorables historiquement (MoDem, LFI, PC, RN et Ecologistes) sont parfaitement conscientes qu’elles seront obligées de faire des concessions mutuelles si elles veulent aboutir à une loi organique avant le prochain scrutin.
Les héritiers de l’UMP (LR et Horizons) refusent catégoriquement de toucher au mode scrutin, accusant les élections de liste de « donner le pouvoir aux partis », oubliant au passage que sans partis organisés, il n’y a pas de majorité possible, ce qui est paradoxal pour ces tenants du « présidentialisme majoritaire » ». Mais le risque de perdre des députés n’est pas à exclure dans ce positionnement.
Le RN ne veut plus de mécanisme avec un second tour, qui entraîne systématiquement le fameux « front républicain ». C’est sa ligne rouge. Il vient d’abandonner son exigence de circonscription nationale et de « méga prime » (25%) de gouvernabilité, car la totalité des autres partis la refuseraient, puisque cela lui donnerait automatiquement la majorité absolue en sièges.
Le Modem y est historiquement favorable, mais certains de ses députés, risquant de perdre leur siège avec des élections de liste, y sont défavorables.
Le PS est dans une situation extrêmement floue, écartelé entre son souhait de s’affranchir de LFI (que seul le scrutin de liste peut satisfaire) et la crainte que son « ancrage territorial » ait moins d’influence en sa faveur si on adopte des élections liste.
Renaissance pense que la proportionnelle les pénaliserait. Comme Horizons
La modalité qui réussirait à réunir une majorité est difficile à trouver. Mais le système de circonscription départementale, comme en 1986, est le seul qui reste en lice.
Pour éviter l’obligation de faire quand même une alliance préélectorale (via répartition des sièges dans une liste commune) dans les départements peu peuplés, la proposition de Jean-Louis Bourlanges est intéressante. Elle consisterait à fusionner aussi des circonscriptions de deux départements voisins pour que dans chaque circonscription on élise au minimum 4 ou 5 députés.
Le paramètre le plus important est pourtant celui dont on ne parle pas publiquement : à savoir la probabilité que le RN tutoie la majorité absolue en sièges avec pourtant une minorité en voix, grâce… au système actuel.
En juillet dernier, ce parti est passé en effet à 385 000 voix (*) seulement de cette majorité.
Merci de votre attention et de vos commentaires, surtout s’ils sont critiques.
(*) C’est la somme du demi-écart dans les duels de second tour perdus par le RN dans les circonscriptions où cet écart a été le plus faible. (fichier excel disponible sur demande)
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