Le régime présidentiel diffère du régime parlementaire en ceci que le parlement ne peut pas renverser le gouvernement. Par conséquent, ce dernier n’a pas à avoir la même couleur politique que la majorité parlementaire (s’il y en a une).
On dit alors que le gouvernement est politiquement irresponsable devant le parlement. Ce mot n’a aucune connotation péjorative. Il signifie simplement que l’exécutif n’a pas de comptes à rendre au législatif, seulement au peuple lors des prochaines élections…présidentielles.
En principe, dans les régimes présidentiels il n’y a pas non plus de possibilité de dissolution, ce qui est logique. Mais il existe des exceptions, dans les pays d’Amérique Latine.
Pour constituer le pouvoir législatif on procède, comme dans les régimes parlementaires, à des élections législatives.
Mais pour constituer le pouvoir exécutif (le gouvernement) on procède à l’élection directe du chef de gouvernement, appelé Président de la République. Il constitue son gouvernement comme bon lui semble, sans tenir compte (en théorie) de la majorité parlementaire. On pourrait presque appeler cette élection scrutin exécutif, par opposition au scrutin législatif !
Le régime présidentiel est appelé par les constitutionnalistes « régime à pouvoirs séparés », ce qui est plus conforme à la réalité.
En pratique, les ministres et le chef de gouvernement (le président) ne pénètrent pas dans l’enceinte de l’assemblée, qui est censée (en théorie, mais en théorie seulement) proposer et voter les lois sans leur intervention.
Pour reprendre notre image du couple éléphant-cornac, dans un tel régime les deux pouvoirs exécutif et législatif marchent côte à côte, attachés ensemble par des liens qui sont plus une entrave qu’une entraide. Il n’est pas étonnant que ce type de démocratie ait eu du mal diffuser de par le monde. Mais les Etats-Unis d’Amérique semblent en tout cas satisfaits de ce système vieux de plus de deux siècles, fédéral de surcroît, qui constitue un véritable bras de fer permanent, mais qu’ils considèrent plutôt comme une preuve d’équilibre institutionnel.
Attention ! les dictatures personnelles ne sont pas des régimes présidentiels, puisqu’elles ne sont pas des démocraties.