Les délais pour convoquer les citoyens aux urnes suite au décret de dissolution, sous la Vème République, sont extraordinairement courts. (Les élections générales ont lieu vingt jours au moins et quarante jours au plus après la dissolution).
Le Président de la République a choisi l’option la plus basse qui lui était offerte. A cause des vacances scolaires qui commencent le WE du 6 juillet ?
Cette spécialité française est due à ce que Philippe Pétain, sous l’occupation, avait dissous l’assemblée sans jamais convoquer de nouvelles élections. Mais fallait-il choisir en 1958 de s’imposer de telles contraintes ?
Cette procédure en « comparution immédiate devant les électeurs » est doublée d’une autre exception française, à savoir le mode de scrutin uninominal à deux tours sur toutes les circonscriptions. Il force à des alliances préalables dans l’urgence, c’est à dire à une répartition de circonscriptions au forceps. Avec un programme de fausse coalition auquel personne n’y croit. Et pour des millions de nos concitoyens, une absence de candidat « de coeur », obligés de voter pour le candidat d’un parti supposé proche mais en réalité peu tentant.
Le présidentialisme majoritaire, considéré comme un modèle indépassable, révèle aujourd’hui sa face cachée : celle de la faiblesse démocratique. Mais le chemin pour en sortir est actuellement plongé dans l’obscurité la plus totale.
bien vu